—Oui, monsieur Rodolphe... pourtant il me semble à présent que je vais avoir honte devant la fermière; je n'oserai jamais la regarder...

—Pourquoi cela, mon enfant?

—Vous avez raison, monsieur Rodolphe, elle ne me connaît pas. Et la Goualeuse étouffa un soupir.

On avait sans doute guetté l'arrivée du fiacre de Rodolphe.

Le cocher ouvrait la portière, lorsqu'une femme de cinquante ans environ, vêtue comme le sont les riches fermières des environs de Paris, ayant une physionomie à la fois triste et douce, parut sous le porche et s'avança au-devant de Rodolphe avec un respectueux empressement.

La Goualeuse devint pourpre et descendit de voiture après un moment d'hésitation...

—Bonjour, ma bonne madame Georges..., dit Rodolphe à la fermière; vous le voyez, je suis exact...

Puis, se retournant vers le cocher et lui mettant de l'argent dans la main:

—Tu peux t'en retourner à Paris.

Le cocher, petit homme trapu, avait son chapeau enfoncé sur les yeux et la figure presque entièrement cachée par le collet fourré de son carrick: il empocha l'argent, ne répondit rien, remonta sur son siège, fouetta son cheval et disparut rapidement dans l'allée verte.