—Après une si longue course, ce cocher muet est bien pressé de s'en aller..., pensa d'abord Rodolphe. Bah! il n'est que deux heures; il veut être assez tôt de retour à Paris pour pouvoir utiliser le restant de sa journée.
Et Rodolphe n'attacha aucune importance à sa première observation.
Fleur-de-Marie s'approcha de lui, l'air inquiet, troublé, presque alarmé, et lui dit tout bas, de manière à ne pas être entendue de Mme Georges:
—Mon Dieu! monsieur Rodolphe, pardon... Vous renvoyez la voiture... Mais l'ogresse, hélas!... Il faut que je retourne chez elle ce soir... sinon... elle me regardera comme une voleuse... Mes habits lui appartiennent... et je lui dois...
—Rassurez-vous, mon enfant, c'est à moi à vous demander pardon.
—Pardon! et de quoi?
—De ne pas vous avoir dit plus tôt que vous ne deviez plus rien à l'ogresse, et que vous pouviez quitter ces ignobles vêtements pour d'autres que ma bonne Mme Georges va vous donner. Elle en a à peu près de votre taille, elle voudra bien vous prêter de quoi vous habiller. Vous le voyez, elle commence déjà son rôle de tante.
Fleur-de-Marie croyait rêver; elle regardait tour à tour la fermière et Rodolphe, ne pouvant croire à ce qu'elle entendait.
—Comment, dit-elle la voix palpitante d'émotion, je ne retournerai plus à Paris? je pourrai rester ici? Madame me le permettra?... ce serait possible, ce château en Espagne de tantôt?
—C'était cette ferme... le voilà réalisé.