Dans cette position désespérée, son premier cri fut pour Murph.

—S'il n'est pas sur ses gardes, ce monstre va l'assassiner... et c'est moi, s'écria-t-il, moi qui aurai causé sa mort!... Pauvre Murph!...

Cette cruelle pensée exaspéra les forces de Rodolphe; s'arc-boutant sur ses pieds et courbant les épaules, il s'épuisa en efforts inouïs contre la porte... il ne lui imprima pas le plus léger ébranlement.

Espérant trouver un levier dans le caveau, il redescendit; à l'avant-dernière marche, deux ou trois corps ronds, élastiques, roulèrent et fuirent sous ses pieds: c'étaient des rats que l'eau chassait de leurs retraites.

Rodolphe parcourut la cave à tâtons, en tous sens, ayant de l'eau jusqu'à mi-jambe; il ne trouva rien. Il remonta lentement l'escalier, dans un sombre désespoir.

Il compta les marches: il y en avait treize; trois étaient déjà submergées.

Treize! nombre fatal!... Dans certaines positions, les esprits les plus fermes ne sont pas à l'abri des idées superstitieuses; il vit dans ce nombre un mauvais présage. Le sort possible de Murph lui revint à la pensée. Il chercha en vain quelque ouverture entre le sol et la porte, dont l'humidité avait sans doute gonflé le bois, car il joignait hermétiquement la terre humide et grasse.

Rodolphe poussa des cris violents, croyant qu'ils parviendraient peut-être jusqu'aux hôtes du cabaret, et puis il écouta.

Il n'entendit rien, rien que le petit clapotement sourd, faible, continu, de l'eau qui toujours montait, montait, montait.

Rodolphe s'assit avec accablement, le dos appuyé contre la porte; il pleura sur son ami, qui se débattait peut-être alors sous le couteau d'un assassin.