—Fripiers sous les piliers des Halles, négociants en vieux chiffons.

—Et combien que vous avez vendu leur fonds? dit le Chourineur.

—J'étais trop jeune, c'est mon tuteur, qui l'a vendu; quand j'ai été major, je lui ai redû trente francs... Voilà mon héritage.

—Et votre maître fabricant, à cette heure? demanda le Chourineur.

—Mon singe[31]? Il s'appelle M. Borel, rue des Bourdonnais, bête... mais brutal:... voleur... mais avare; il aime autant se faire crever un œil que faire la paye aux ouvriers. Voilà son signalement; s'il s'égare, laissez-le se perdre, ne le ramenez pas à sa fabrique. J'ai été apprenti chez lui depuis l'âge de quinze ans, j'ai eu un bon numéro à la conscription; je demeure rue de la Juiverie, au quatrième sur le devant; je m'appelle Rodolphe Durand... Voilà mon histoire.

—Maintenant, à ton tour, la Goualeuse, dit le Chourineur; je garde mon histoire pour la bonne bouche.


[III]

[Histoire de la Goualeuse.]

—Commençons d'abord par le commencement, dit le Chourineur.