—Enfin, je vous préviens... faites-y attention.
Avant de quitter le tapis-franc, l'agent regarda attentivement les autres buveurs, et il dit au Chourineur, d'un ton presque affectueux:
—Te voilà, mauvais sujet? il y a longtemps qu'on n'a entendu parler de toi! Tu n'as pas eu de batteries? Tu deviens donc sage?
—Sage comme une image, monsieur Borel; vous savez que je ne casse guère la tête qu'à ceux qui me le demandent.
—Il ne te manquerait plus que cela, de provoquer les autres, fort comme tu es!
—Voilà pourtant mon maître, monsieur Borel, dit le Chourineur en mettant la main sur l'épaule de Rodolphe.
—Tiens! je ne le connais pas, celui-là, dit l'agent, en examinant Rodolphe.
—Et nous ne ferons pas connaissance, mon camarade, répondit celui-ci.
—Je le désire pour vous, mon garçon, dit l'agent. Puis, s'adressant à l'ogresse: Bonsoir, mère Ponisse: c'est une vraie souricière que votre tapis-franc, voilà le troisième assassin que j'y prends.
—Et j'espère bien que ce ne sera pas le dernier, monsieur Borel; c'est bien à votre service..., dit gracieusement l'ogresse en s'inclinant avec déférence.