—À la bonne heure! M. Cabrion me marchait toujours sur les pieds, et puis, par farce, il jetait des pois fulminants par terre, ça fait qu'on n'a plus voulu de nous à la Chartreuse.
Et de rire.
—Soyez tranquille, je vous réponds de ma réserve à l'égard des pois fulminants; mais l'hiver, que ferons-nous?
—L'hiver, comme on a moins faim, nous dînerons parfaitement pour quarante sous, et il nous restera trois francs pour le spectacle, car je ne veux pas que vous dépassiez vos cent sous: c'est déjà bien assez cher; mais tout seul vous dépenseriez au moins ça à l'estaminet, au billard, avec de mauvais sujets qui sentent la pipe comme des horreurs. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux passer gaiement la journée avec une petite amie bien bonne enfant, bien rieuse, qui trouvera encore le temps de vous économiser quelques dépenses en vous ourlant vos cravates, en soignant votre ménage?
—Mais c'est un gain tout clair, ma voisine. Seulement, si mes amis me rencontrent avec ma gentille petite amie sous le bras?
—Eh bien! ils diront: «Il n'est pas malheureux, ce diable de Rodolphe!»
—Vous savez mon nom?
—Quand j'ai appris que la chambre voisine était déjà louée, j'ai demandé à qui.
—Et mes amis diront: «Il est très-heureux, ce Rodolphe!...» Et ils m'envieront.
—Tant mieux!