—Ensuite, madame?
—Au bout de deux ans, dit Sarah sans pouvoir vaincre une légère émotion, le 28 novembre 1827, cette enfant est morte.
—Avant de continuer cet entretien, madame, je vous demanderai quel intérêt vous portez à cette affaire.
—La mère de cette petite fille est... ma sœur, monsieur[39]. J'ai là, pour preuve de ce que j'avance, l'acte de décès de cette pauvre petite, les lettres de la personne qui a pris soin d'elle, l'obligation d'un de vos clients, chez lequel vous aviez placé les cinquante mille écus.
—Voyons ces papiers, madame.
Assez étonnée de ne pas être crue sur parole, Sarah tira d'un portefeuille plusieurs papiers, que le notaire examina soigneusement.
—Eh bien! madame, que désirez-vous? L'acte de décès est parfaitement en règle, et les cinquante mille écus ont été acquis à M. Petit-Jean, mon client, par la mort de l'enfant; c'est une des chances des placements viagers, je l'ai fait observer à la personne qui m'a chargé de cette affaire. Quant aux revenus, ils ont été exactement payés par moi jusqu'à la mort de l'enfant.
—Rien de plus loyal que votre conduite en tout ceci, monsieur, je me plais à le reconnaître. La femme à qui l'enfant a été confiée a eu aussi des droits à notre gratitude, elle a eu les plus grands soins de ma pauvre petite nièce.
—Cela est vrai, madame; j'ai même été si satisfait de la conduite de cette femme que, la voyant sans place après la mort de cette enfant, je l'ai prise à mon service, et depuis ce temps elle y est encore.
—Mme Séraphin est à votre service, monsieur?