Une voix retentit, sonore, solennelle.

C'est la voix de Rodolphe!

Le Maître d'école frémit d'épouvante; il a vaguement la conscience de rêver, mais l'effroi que lui inspire Rodolphe est si formidable qu'il fait, mais en vain, tous ses efforts pour échapper à cette nouvelle vision.

La voix parle... il écoute.

L'accent de Rodolphe n'est pas courroucé; il est rempli de tristesse, de compassion.

—Pauvre misérable, dit-il au Maître d'école, l'heure du repentir n'a pas encore sonné pour vous. Dieu seul sait quand elle sonnera. La punition de vos crimes est incomplète encore. Vous avez souffert, vous n'avez pas expié; la destinée poursuit son œuvre de haute justice. Vos complices sont devenus vos tourmenteurs; une femme, un enfant vous domptent, vous torturent...

«En vous infligeant un châtiment terrible comme vos crimes, je vous l'avais dit... je vous l'avais dit! rappelez-vous mes paroles:

«Tu as criminellement abusé de ta force... je paralyserai ta force... Les plus vigoureux, les plus féroces tremblaient devant toi... tu trembleras devant les plus faibles!

«Vous avez quitté l'obscure retraite où vous pouviez vivre pour le repentir et pour l'expiation...

«Vous avez eu peur du silence et de la solitude...