—Que voulez-vous?... Ces jeunes gens...

—Après le coup de tête sont venues les réflexions, réflexions d'autant plus sages que le peu d'argent qu'il possédait était mangé. Mon jeune parent s'est adressé à moi; j'ai consenti à lui donner de quoi retourner auprès de sa mère, mais à condition qu'il laisserait ici cette fille et que je tâcherais de la placer.

—Je n'aurais pas mieux fait pour mon fils... si Pipelet s'était plu à m'en accorder un...

—Je suis enchanté de votre approbation; seulement, comme la jeune fille n'a pas de répondants et qu'elle est étrangère, il est très-difficile de la placer... Si vous vouliez dire à Mme Séraphin qu'un de vos parents, établi en Allemagne, vous a adressé et recommandé cette jeune fille, le notaire la prendrait peut-être à son service; j'en serais doublement satisfait. Cecily, n'ayant été qu'égarée, se corrigerait certainement dans une maison aussi sévère que celle du notaire... C'est pour cette raison surtout que je tiendrais à la voir, cette jeune fille, entrer chez M. Jacques Ferrand. Je n'ai pas besoin de vous dire que présentée par vous... personne si respectable...

—Ah! monsieur Rodolphe...

—Si estimable...

—Ah! mon roi des locataires...

—Que cette jeune fille enfin, recommandée par vous, serait certainement acceptée par Mme Séraphin, tandis que présentée par moi...

—Connu!... C'est comme si je présentais un petit jeune homme! Eh bien! tope... ça me chausse... Allez donc!... Enfoncée la Séraphin! Tant mieux, j'ai une dent contre elle; je vous réponds de l'affaire, monsieur Rodolphe! Je lui ferai voir des étoiles en plein midi; je lui dirai que depuis je ne sais combien de temps j'ai une cousine établie en Allemagne, une Galimard; que je viens de recevoir la nouvelle qu'elle est défunte, comme son mari, et que leur fille, qui est orpheline, va me tomber sur le dos d'un jour à l'autre.

—Très-bien... Vous conduirez vous-même Cecily chez M. Ferrand, sans en parler davantage à Mme Séraphin. Comme il y a vingt ans que vous n'avez vu votre cousine, vous n'aurez rien à répondre, si ce n'est que depuis son départ pour l'Allemagne vous n'aviez eu d'elle aucune nouvelle.