—Oh! que non, que non, j'ai fait mon compte. D'abord j'ai mes dimanches à moi; j'irai voir Louise et Germain ces jours-là, ça me servira de promenade et de distraction; ensuite, dans la semaine, je retournerai à la prison une ou deux autres fois; chacune me prendra trois bonnes heures, n'est-ce pas? Eh bien! pour me trouver à mon aise, je travaillerai une heure de plus par jour, je me coucherai à minuit au lieu de me coucher à onze heures; ça me fera un gain tout clair de sept ou huit heures par semaine, que je pourrai dépenser pour aller voir Louise et Germain. Vous voyez, je suis plus riche que je n'en ai l'air, ajouta Rigolette en souriant.
—Et vous ne craignez pas que cela vous fatigue?
—Bah! je m'y ferai, on se fait à tout. Et puis ça ne durera pas toujours.
—Voilà votre châle, ma voisine. Je ne serai pas aussi indiscret qu'hier, je n'approcherai pas trop mes lèvres de ce cou charmant.
—Ah! mon voisin, hier, c'était hier, on pouvait rire; mais aujourd'hui c'est différent. Prenez garde de me piquer.
—Allons, l'épingle est tordue.
—Eh bien! prenez-en une autre, là, sur la pelote. Ah! j'oubliais, voulez-vous être bien gentil, mon voisin?
—Ordonnez, ma voisine.
—Taillez-moi une bonne plume, bien grosse, pour que je puisse, en rentrant, écrire à ce pauvre Germain que ses commissions sont faites. Il aura ma lettre demain de bonne heure à la prison, ça lui fera un bon réveil.
—Et où sont vos plumes?