«—Mon brave homme, ce Cabrion est un très-drôle de corps, c'est un mauvais farceur; ne faites pas attention à ses plaisanteries. Je vous conseille, moi, tout bonnement, d'en rire, car il y a vraiment de quoi!—D'en rire, môssieur! me suis-je écrié, d'en rire!... Mais le chagrin me dévore... mais ce gueux-là empoisonne mon existence... il m'affiche, il me fera perdre la raison... Je demande qu'on l'enferme, qu'on l'exile... au moins de ma rue.» À ces mots, le commissaire a souri, il m'a obligeamment montré la porte... J'ai compris ce geste du magistrat... et me voici.
—Magistrat de rien du tout!... s'écria Mme Pipelet.
—Tout est fini, Anastasie, tout est fini... plus d'espoir! Il n'y a plus de justice en France... je suis atrocement sacrifié!...
Et, pour péroraison, M. Pipelet lança de toutes ses forces l'enseigne et le portrait au fond de l'allée...
Rodolphe et Rigolette avaient, dans l'ombre, un peu souri du désespoir de M. Pipelet.
Après avoir adressé quelques mots de consolation à Alfred, qu'Anastasie calmait de son mieux, le roi des locataires quitta la maison de la rue du Temple avec Rigolette, et tous deux montèrent en fiacre pour se rendre chez François Germain.
[XV]
[Le testament]
François Germain demeurait boulevard Saint-Denis, n° 11. Nous rappellerons au lecteur, qui l'a sans doute oublié, que Mme Mathieu, la courtière en diamants dont nous avons parlé à propos de Morel le lapidaire, logeait dans la même maison que Germain.