—Si vous croyez cela, monsieur le marquis, cela sera... Cela est... vous êtes guéri! Mais c'est donc un jour béni que celui-ci? Ah! comme vous le dites, monsieur, Mme la marquise est un bon ange descendu du ciel, et je commence presque à m'effrayer aussi, monsieur: c'est peut-être trop de félicité en un jour; mais, j'y songe... si pour vous rassurer il ne vous faut qu'un petit chagrin, Dieu merci! j'ai votre affaire.

—Comment?

—Un de vos amis a reçu très-heureusement et très à-propos, voyez comme ça se trouve! a reçu un coup d'épée, bien peu grave, il est vrai; mais c'est égal, ça suffira toujours à vous chagriner assez pour qu'il y ait, comme vous le désiriez, une petite tache dans ce trop beau jour. Il est vrai qu'eu égard à cela il vaudrait mieux que le coup d'épée fût plus dangereux, mais il faut se contenter de ce que l'on a.

—Veux-tu te taire!... Et de qui veux-tu parler?

—De M. le duc de Lucenay.

—Il est blessé?

—Une égratignure au bras, M. le duc est venu hier pour voir monsieur, et il a dit qu'il reviendrait ce matin lui demander une tasse de thé...

—Ce pauvre Lucenay! et pourquoi ne m'as-tu pas dit...

—Hier soir je n'ai pu voir M. le marquis.

Après un moment de réflexion M. d'Harville reprit: