—Quel bonheur! s'écria Amandine en frappant joyeusement dans ses mains.
—Et où irons-nous? demanda François.
—Tu le verras, curieux... mais n'importe, où nous irons tu apprendras un bon état... qui te mettra à même de gagner ta vie... voilà ce qu'il y a de sûr.
—Je n'irai plus à la pêche avec toi, mon frère?
—Non, mon garçon, tu iras en apprentissage chez un menuisier ou chez un serrurier; tu es fort, tu es adroit; avec du cœur et en travaillant ferme, au bout d'un an tu pourras déjà gagner quelque chose. Ah çà! qu'est-ce que tu as?... Tu n'as pas l'air content.
—C'est que... mon frère... je...
—Voyons, parle.
—C'est que j'aimerais mieux ne pas te quitter, rester avec toi à pêcher... à raccommoder tes filets, que d'apprendre un état.
—Vraiment?
—Dame! être enfermé dans un atelier toute la journée, c'est triste... et puis être apprenti, c'est ennuyeux...