Martial haussa les épaules.
—Vaut mieux être paresseux, vagabond, flâneur, n'est-ce pas? lui dit-il sévèrement, en attendant qu'on devienne voleur...
—Non, mon frère, mais je voudrais vivre avec toi ailleurs comme nous vivons ici, voilà tout...
—Oui, c'est ça, boire, manger, dormir et t'amuser à pêcher comme un bourgeois, n'est-ce pas?
—J'aimerais mieux ça...
—C'est possible, mais tu aimeras autre chose... Tiens, vois-tu, mon pauvre François, il est crânement temps que je t'emmène d'ici; sans t'en douter tu deviendrais aussi gueux que les autres... Ma mère avait raison... je crains que tu n'aies du vice... Et toi, Amandine, est-ce que ça ne te plairait pas d'apprendre un état?
—Oh! si, mon frère... j'aimerais bien à apprendre, j'aime mieux que de rester ici. Je serais si contente de m'en aller avec vous et avec François!
—Mais qu'est-ce que tu as là sur la tête, ma fille? dit Martial en remarquant la triomphante coiffure d'Amandine.
—Un foulard que Nicolas m'a donné...
—Il m'en a donné un aussi, à moi, dit orgueilleusement François.