Sur un méchant écriteau on lisait: Chambres et cabinets meublés; à droite d'une allée obscure s'ouvrait la porte d'un magasin non moins obscur, où se tenait habituellement le principal locataire du garni.
Cet homme, dont le nom a été plusieurs fois prononcé à l'île du Ravageur, se nomme Micou: il est ouvertement marchand de vieilles ferrailles, mais secrètement il achète et recèle les métaux volés, tels que fer, plomb, cuivre et étain.
Dire que le père Micou était en relation d'affaires et d'amitié avec les Martial, c'est apprécier suffisamment sa moralité.
Il est, du reste, un fait à la fois curieux et effrayant; c'est l'espèce d'affiliation, de communion mystérieuse qui relie presque tous les malfaiteurs de Paris. Les prisons en commun sont les grands centres où affluent et d'où refluent incessamment ces flots de corruption qui envahissent peu à peu la capitale et y laissent de si sanglantes épaves.
Le père Micou est un gros homme de cinquante ans, à physionomie basse, rusée, au nez bourgeonnant, aux joues avinées; il porte un bonnet de loutre et s'enveloppe d'un vieux carrick vert.
Au-dessus du petit poêle de fonte auprès duquel il se chauffe, on remarque une planche numérotée attachée au mur; là sont accrochées les clefs des chambres dont les locataires sont absents. Les carreaux de la devanture vitrée qui s'ouvrait sur la rue, derrière d'épais barreaux de fer, étaient peints de façon à ce que du dehors on ne pût pas voir (et pour cause) ce qui se passait dans la boutique.
Il règne dans ce vaste magasin une assez grande obscurité; aux murailles noirâtres et humides pendent des chaînes rouillées de toutes grosseurs et de toutes longueurs; le sol disparaît presque entièrement sous des monceaux de débris de fer et de fonte.
Trois coups frappés à la porte, d'une façon particulière, attirèrent l'attention du logeur-revendeur-receleur.
—Entrez! cria-t-il.
On entra.