—Je me trouve dans la même position que vous.

—Vous?

—M. le vicomte déteste les détails; quand je suis entré ici, j'avais d'économies et de patrimoine une soixantaine de mille francs, j'ai fait les dépenses de la maison comme vous celles de l'écurie, et tous les ans M. le vicomte m'a payé sans examen; à peu près à la même époque que vous, je me suis trouvé à découvert, pour moi, d'une vingtaine de mille francs, et, pour les fournisseurs, d'une soixantaine; alors M. le vicomte m'a proposé comme à vous, pour me rembourser, de me vendre le mobilier de cette maison, y compris l'argenterie, qui est très-belle, de très-bons tableaux, etc.; le tout a été estimé, au plus bas prix, cent quarante mille francs. Il y avait quatre-vingt mille francs à payer, restaient soixante mille francs que je devais affecter, jusqu'à leur entier épuisement, aux dépenses de la table, aux gages des gens, etc., et non à autre chose: c'était une condition du marché.

—Parce que sur ces dépenses vous gagniez encore?

—Nécessairement, car j'ai pris des arrangements avec les fournisseurs que je ne payerai qu'après la vente, dit Boyer en aspirant une forte prise de tabac, de sorte qu'à la fin de ce mois-ci...

—Le mobilier est à vous comme les chevaux et les voitures sont à moi.

—Évidemment. M. le vicomte a gagné à cela de vivre pendant les derniers temps comme il aime à vivre... en grand seigneur, et ceci à la barbe de ses créanciers; car mobilier, argenterie, chevaux, voitures, tout avait été payé comptant à sa majorité, et était devenu notre propriété à vous et à moi.

—Ainsi M. le vicomte se sera ruiné?...

—En cinq ans...

—Et M. le vicomte avait hérité?...