Expliquons la cause de cette apparition inattendue.

Florestan de Saint-Remy avait donné la veille rendez-vous à la duchesse pour le lendemain matin. Celle-ci ayant, nous l'avons dit, une clef de la petite porte de la ruelle était, comme d'habitude, entrée par la serre chaude, comptant trouver Florestan dans l'appartement du rez-de-chaussée; ne l'y trouvant pas, elle crut (ainsi que cela était arrivé quelquefois) le vicomte occupé à écrire dans son cabinet... Un escalier dérobé conduisait du boudoir au premier. Mme de Lucenay monta sans crainte, supposant que M. de Saint-Remy avait, comme toujours, défendu sa porte.

Malheureusement, une visite assez menaçante de M. Badinot ayant obligé Florestan de sortir précipitamment, il avait oublié le rendez-vous de Mme de Lucenay.

Celle-ci, ne voyant personne, allait entrer dans le cabinet, lorsque les rideaux de la portière du salon s'écartèrent, et la duchesse se trouva en face à face avec le père de Florestan.

Elle ne put retenir un cri d'effroi.

—Clotilde! s'écria le comte stupéfait.

Intimement lié avec le comte de Noirmont, père de Mme de Lucenay, M. de Saint-Remy, ayant connu celle-ci enfant et toute jeune fille, l'avait autrefois ainsi familièrement appelée par son nom de baptême.

La duchesse restait immobile, contemplant avec surprise ce vieillard à barbe blanche et mal vêtu, dont elle se rappelait pourtant confusément les traits.

—Vous, Clotilde! répéta le comte avec un accent de reproche douloureux, vous... ici... chez mon fils!

Ces derniers mots fixèrent les souvenirs indécis de Mme de Lucenay; elle reconnut enfin le père de Florestan et s'écria: