—À moi, monsieur? dit Conrad, commençant à se choquer du ton sardonique de Florestan.

—À vous-même... je pars dans quelques jours pour la légation de Gerolstein, à laquelle je suis attaché... Je voulais me défaire de ma maison toute meublée, de mon écurie toute montée; vous devriez vous en arranger aussi...—Et le vicomte appuya insolemment sur ces derniers mots en regardant Mme de Lucenay.—Ce serait fort piquant... n'est-ce pas, madame la duchesse?

—Je ne vous comprends pas, monsieur, dit M. de Montbrison de plus en plus étonné.

—Je vous dirai, Conrad, pourquoi vous ne pouvez accepter l'offre qu'on vous fait, dit Clotilde.

—Et pourquoi monsieur ne peut-il pas accepter mon offre, madame la duchesse?

—Mon cher Conrad, ce qu'on vous propose de vous vendre est déjà vendu à d'autres... vous comprenez... vous auriez l'inconvénient d'être volé comme dans un bois.

Florestan se mordit les lèvres de rage.

—Prenez garde, madame! s'écria-t-il.

—Comment? Des menaces... ici... monsieur! s'écria Conrad.

—Allons donc, Conrad, ne faites pas attention, dit Mme de Lucenay, en prenant une pastille dans une bonbonnière avec un imperturbable sang-froid; un homme d'honneur ne doit ni ne peut plus se commettre avec monsieur. S'il y tient, je vais vous dire pourquoi!