—Vous n'en changeriez pas... Chassé de la société où vous avez jusqu'ici vécu, vous deviendriez bientôt criminel à la manière des misérables parmi lesquels vous serez rejeté, voleur inévitablement... et, si besoin est, assassin. Voilà votre avenir.

—Assassin!... Moi!...

—Oui, parce que vous êtes lâche!

—J'ai eu des duels, et j'ai prouvé...

—Je vous dis que vous êtes lâche! Vous avez préféré l'infamie à la mort! Un jour viendrait où vous préféreriez l'impunité de vos nouveaux crimes à la vie d'autrui. Cela ne peut pas être, je ne veux pas que cela soit. J'arrive à temps pour sauver du moins désormais mon nom d'un déshonneur public. Il faut en finir.

—Comment, mon père... en finir! Que voulez-vous dire? s'écria Florestan de plus en plus effrayé de l'expression redoutable de la figure de son père et de sa pâleur croissante.

Tout à coup on heurta violemment à la porte du cabinet; Florestan fit un mouvement pour aller ouvrir, afin de mettre un terme à une scène qui l'effrayait, mais le comte le saisit d'une main de fer et le retint.

—Qui frappe? demanda le comte.

—Au nom de la loi, ouvrez!... Ouvrez!... dit une voix.

—Ce faux n'était donc pas le dernier? s'écria le comte à voix basse, en regardant son fils d'un air terrible.