—Mais si je suis bonne comme vous dites, Mont-Saint-Jean, c'est Dieu qui m'a faite ainsi... c'est donc lui qu'il faut remercier.
—Ah! dame... alors, peut-être bien... puisque vous le dites, reprit la prisonnière indécise; si ça vous fait plaisir... comme ça... à la bonne heure...
—Oui, ma pauvre Mont-Saint-Jean... priez-le souvent... ce sera la meilleure manière de me prouver que vous m'aimez un peu...
—Si je vous aime, la Goualeuse! Mon Dieu, mon Dieu!!! Mais vous ne vous souvenez donc plus de ce que vous disiez aux autres détenues pour les empêcher de me battre? «Ce n'est pas seulement elle que vous battez... c'est aussi son enfant...» Eh bien!... c'est tout de même, pour vous aimer; ça n'est pas seulement pour moi que je vous aime, c'est aussi pour mon enfant...
—Merci, merci, Mont-Saint-Jean, vous me faites plaisir en me disant cela.
Et Fleur-de-Marie émue tendit sa main à sa compagne.
—Quelle belle petite menotte de fée!... Est-elle blanche et mignonne! dit Mont-Saint-Jean en se reculant comme si elle eût craint de toucher, de ses vilaines mains rouges et sordides, cette main charmante.
Pourtant, après un moment d'hésitation, elle effleura respectueusement de ses lèvres le bout des doigts effilés que lui présentait Fleur-de-Marie; puis, s'agenouillant brusquement, elle se mit à la contempler fixement dans un recueillement attentif, profond.
—Mais venez donc vous asseoir là... près de moi, lui dit la Goualeuse.
—Oh! pour ça non, par exemple... jamais... jamais...