—Quelle faction! dit le brigand en ricanant; c'est toi qui as dû t'amuser!
—Il fallait bien te donner le temps d'arriver avec la tôle que tu avais été chercher chez le père Micou.
—Devait-il écumer... cher frère!
—Il grinçait des dents comme un possédé; deux ou trois fois il a voulu me repousser à travers les barreaux à grands coups de bâton; mais alors, n'ayant plus qu'une main de libre, il ne pouvait pas travailler et desceller la grille. C'est ce qu'il fallait.
—Heureusement qu'il n'y a pas de cheminée dans sa chambre!
—Et que la porte est solide et qu'il a les mains abîmées! sans ça, il serait capable de trouer le plancher.
—Et les poutres, il passerait donc à travers? Non, non, va, il n'y a pas de danger qu'il s'échappe; les volets sont garnis de tôle et assurés par deux barres de fer; la porte... clouée en dehors avec des clous à bateau de trois pouces. Sa bière est plus solide que si elle était en chêne et en plomb.
—Dis donc, et quand, en sortant de prison, la Louve viendra ici pour chercher son homme... comme elle l'appelle?
—Eh bien! on lui dira: «Cherche.»
—À propos, sais-tu que si ma mère n'avait pas enfermé ces gueux d'enfants, ils auraient été capables de ronger la porte comme des rats pour délivrer Martial? Ce petit gredin de François est un vrai démon depuis qu'il se doute que nous avons emballé le grand frère.