—Qu'avez-vous contre moi, la Louve?

—J'ai... que je ne suis plus la même depuis votre arrivée ici, non, je n'ai plus ni cœur, ni force, ni hardiesse...

Puis, s'interrompant, la Louve releva tout à coup la manche de sa robe, et, montrant à la Goualeuse son bras blanc, nerveux et couvert d'un duvet noir, elle lui fit remarquer, sur la partie antérieure de ce bras, un tatouage indélébile représentant un poignard bleu à demi enfoncé dans un cœur rouge; au-dessous de cet emblème on lisait ces mots:

Mort aux lâches!
Martial.
P. L. V. (pour la vie).

—Voyez-vous cela? s'écria la Louve.

—Oui... cela est sinistre et me fait peur, dit la Goualeuse en détournant la vue.

—Quand Martial, mon amant, m'a écrit, avec une aiguille rougie au feu, ces mots sur le bras: Mort aux lâches! il me croyait brave; s'il savait ma conduite depuis trois jours, il me planterait son couteau dans le corps comme ce poignard est planté dans ce cœur... et il aurait raison, car il a écrit là: Mort aux lâches! et je suis lâche.

—Qu'avez-vous fait de lâche?

—Tout...

—Regrettez-vous votre bonne pensée de tout à l'heure?