«—Vous avez raison, dit mon père à ma belle-mère. Puisqu'on vient me poursuivre jusque chez moi, sans respect pour mes volontés, je laisserai la place libre aux importuns...
«Et se levant avec peine il accepta le bras que lui offrait ma belle-mère et fit quelques pas vers le petit salon.
«À ce moment, Polidori s'avança vers moi; mais, me rapprochant aussitôt de mon père, je lui dis:
«—Je vais vous expliquer ce qu'il y a d'imprévu dans mon arrivée et d'étrange dans ma conduite... Depuis hier je suis veuve... Depuis hier je sais que vos jours sont menacés, mon père.
«Il marchait péniblement courbé. À ces mots, il s'arrêta, se redressa vivement et, me regardant avec un étonnement profond, il s'écria:
«—Vous êtes veuve... mes jours sont menacés!... Qu'est-ce que cela signifie?
«—Et qui ose menacer les jours de M. d'Orbigny, madame? me demanda audacieusement ma belle-mère.
«—Oui, qui les menace?... ajouta Polidori.
«—Vous, monsieur; vous, madame, répondis-je.
«—Quelle horreur!... s'écria ma belle-mère en faisant un pas vers moi.