La veuve, croyant que personne ne viendrait dans l'île ou dans la maison pendant son absence, s'était contentée d'enfermer François et Amandine à double tour, laissant la clef à la serrure.

Mis en liberté par la Louve, le frère et la sœur sortirent précipitamment du caveau.

—Ô la Louve! Sauvez mon frère Martial, ils veulent le faire mourir! s'écria François; depuis deux jours ils l'ont muré dans sa chambre.

—Ils ne lui ont pas fait de blessures?

—Non, non, je ne crois pas.

—J'arrive à temps! s'écria la Louve en courant à l'escalier; puis, s'arrêtant après avoir gravi quelques marches: Et la Goualeuse que j'oublie! dit-elle. Amandine, du feu tout de suite; toi et ton frère, apportez ici près de la cheminée une pauvre fille qui se noyait; je l'ai sauvée. Elle est sous la tonnelle. François, un merlin, une hache, une barre de fer, que j'enfonce la porte de mon homme!

—Il y a là le merlin à fendre le bois, mais c'est trop lourd pour vous, dit le jeune garçon en traînant avec peine un énorme marteau.

—Trop lourd! s'écria la Louve; et elle enleva sans peine cette masse de fer qu'en toute autre circonstance elle eût peut-être difficilement soulevée.

Puis, montant l'escalier quatre à quatre, elle répéta aux deux enfants:

—Courez chercher la jeune fille et approchez-la du feu.