—Comment!... tu veux...?
—Que dans deux ou trois jours vous me renouveliez mes petites provisions, père Micou.
—Que le diable me brûle si je le fais! C'est bon une fois.
—Bon une fois! Allons donc! Des jambons et du vin, c'est bon toujours, vous savez bien ça.
—C'est possible, mais je ne suis pas chargé de te nourrir de friandises.
—Ah! père Micou! c'est mal, c'est injuste, me refuser du jambon, à moi qui vous ai si souvent porté du gras-double[10].
—Tais-toi donc, malheureux! dit le receleur effrayé.
—Non, j'en ferai juge le curieux[11]; je lui dirai: «Figurez-vous que le père Micou...»
—C'est bon, c'est bon, s'écria le receleur, voyant avec autant de crainte que de colère Nicolas très-disposé à abuser de l'empire que lui donnait leur complicité, j'y consens... je te renouvellerai ta provision, quand elle sera finie.
—C'est juste... rien que juste... Faudra pas non plus oublier d'envoyer du café à ma mère et à Calebasse, qui sont à Saint-Lazare; elles prenaient leur tasse tous les matins... ça leur manquerait.