—Il a déjà manqué de tomber dans un guet-apens que le Velu et le Gros-Boiteux lui ont tendu il y a quelque temps.
—Pourquoi donc ça?
—Je n'en sais rien. Ils disaient qu'en province il avait coqué[14] quelqu'un de leur bande.
—J'en étais sûr... Germain est un mouton. Eh bien! on en mangera, du mouton. Je vas dire ça aux amis... ça leur donnera de l'appétit. Ah çà! le Gros-Boiteux fait-il toujours des niches à vos locataires?
—Dieu merci, j'en suis débarrassé, de ce vilain gueux-là! Tu le verras ici aujourd'hui ou demain.
—Vive la joie! nous allons rire! En voilà encore un qui ne boude pas!
—C'est parce qu'il va retrouver ici Germain... que je t'ai dit que le compte du jeune homme serait bon... si c'est le même...
—Et pourquoi l'a-t-on pincé, le Gros-Boiteux?
—Pour un vol commis avec un libéré qui voulait rester honnête et travailler. Ah! bien oui! le Gros-Boiteux l'a joliment enfoncé. Il a tant de vice, ce gueux-là! Je suis sûr que c'est lui qui a forcé la malle de ces deux femmes qui occupent chez moi le cabinet du quatrième.
—Quelles femmes? Ah! oui... deux femmes dont la plus jeune vous incendiait, vieux brigand, tant vous la trouviez gentille.