—Nicolas et Calebasse, n'osant pas m'attaquer en face une seconde fois, m'avaient muré dans ma chambre pour m'y laisser mourir de faim. J'ai voulu les empêcher de clouer mes volets, ma sœur m'a coupé les mains à coups de hachette!!!

—Les monstres! ils voulaient faire croire que tu étais mort de maladie; ta mère avait déjà répandu le bruit que tu te trouvais dans un état désespéré. Ta mère, mon homme, ta mère!...

—Tiens, ne me parle pas d'elle, dit Martial avec amertume; puis, remarquant pour la première fois les vêtements mouillés et l'étrange accoutrement de la Louve, il s'écria: Que t'est-il arrivé? Tes cheveux ruissellent, tu es en jupon... il est trempé d'eau!

—Qu'importe! Enfin te voilà sauvé, sauvé!

—Mais explique-moi pourquoi tu es ainsi mouillée.

—Je te savais en danger... je n'ai pas trouvé de bateau...

—Et tu es venue à la nage?

—Oui. Mais tes mains, donne que je les baise. Tu souffres... Les monstres!... Et je n'étais pas là!

—Oh! ma brave Louve! s'écria Martial avec enthousiasme, brave entre toutes les créatures braves!

—N'as-tu pas écrit là: «Mort aux lâches!»