—Ma vraie, ma seule, et je veux que tu m'appelles ton mari... c'est comme si le maire y avait passé.
—Oh! la Goualeuse avait raison... c'est fier à dire, mon mari! Martial... tu verras ta Louve au ménage, au travail, tu la verras...
—Mais cette place... est-ce que tu crois?...
—Pauvre petite Goualeuse, si elle se trompe... c'est sur les autres; car elle avait l'air de bien croire à ce qu'elle me disait... D'ailleurs, tantôt, en quittant la prison, l'inspectrice m'a dit que les protecteurs de la Goualeuse, gens très-haut placés, l'avaient fait sortir aujourd'hui même; ça prouve qu'elle a des bienfaiteurs puissants et qu'elle pourra tenir ce qu'elle m'a promis.
—Ah! s'écria tout à coup Martial en se levant, je ne sais pas à quoi nous pensons.
—Quoi donc?
—Cette jeune fille... elle est en bas, mourante peut-être... et au lieu de la secourir... nous sommes là...
—Rassure-toi, François et Amandine sont auprès d'elle; ils seraient montés s'il y avait eu plus de danger. Mais tu as raison, allons la trouver; il faut que tu la voies, celle à qui nous devrons peut-être notre bonheur.
Et Martial, s'appuyant sur le bras de la Louve, descendit au rez-de-chaussée.
Avant de les introduire dans la cuisine, disons ce qui s'était passé depuis que Fleur-de-Marie avait été confiée aux soins des deux enfants.