—Ah! que ne vous dois-je pas... pour tant de dévouement! s'écria Germain.
—Ce n'est pas à moi... c'est à M. Rodolphe que vous devez...
—Mais la cause de son intérêt pour moi?
—Il vous la dira, à moins qu'il ne vous la dise pas; car souvent il se contente de vous faire du bien, et si vous avez le toupet de lui demander pourquoi, il ne se gêne pas pour vous répondre: «Mêlez-vous de ce qui vous regarde.»
—Et M. Rodolphe sait-il que vous êtes ici?
—Pas si bête de lui avoir dit mon idée, il ne m'aurait peut-être pas permis... cette farce... et sans me vanter, hein! elle est fameuse?
—Mais que de risques vous avez courus... vous courez encore!
—Qu'est-ce que je risquais? De n'être pas conduit à la Force, où vous étiez, c'est vrai... Mais je comptais sur la protection de M. Rodolphe pour me faire changer de prison et vous rejoindre; un seigneur comme lui, ça peut tout. Et une fois que j'aurais été coffré, il aurait autant aimé que ça vous serve à quelque chose.
—Mais au jour de votre jugement?
—Eh bien! je prierai M. Murph de m'envoyer la malle; je reprendrai devant le juge ma perruque noire, mes lunettes bleues, ma bosse, et je redeviendrai M. Grégoire pour le portier qui m'a loué la chambre, pour les marchands qui m'ont vendu, voilà pour le volé... Si on veut revoir le voleur, je quitterai ma défroque, et il sera clair comme le jour que le voleur et le volé ça fait, au total, le Chourineur, ni plus ni moins. Alors que diable voulez-vous qu'on me fasse, quand il sera prouvé que je me volais moi-même?