—Monsieur... que dites-vous? Il serait possible!
Rigolette voulut parler; sa trop vive émotion l'en empêcha; elle ne put que faire à Germain un signe de tête affirmatif en joignant les mains.
—Mademoiselle est arrivée ici peu de moments après que j'ai reçu l'ordre de vous mettre en liberté, ajouta le directeur. Une lettre de toute-puissante recommandation, qu'elle m'apportait, m'a appris le touchant dévouement qu'elle vous a témoigné pendant votre séjour en prison, monsieur. C'est donc avec un vif plaisir que je vous ai envoyé chercher, certain que vous serez très-heureux de donner votre bras à mademoiselle pour sortir d'ici!
—Un rêve!... non, c'est un rêve! dit Germain. Ah! monsieur... que de bontés!... Pardonnez-moi si la surprise... la joie... m'empêchent de vous remercier comme je le devrais...
—Et moi donc, monsieur Germain, je ne trouve pas un mot à dire, reprit Rigolette; jugez de mon bonheur: en vous quittant, je trouve l'ami de M. Rodolphe qui m'attendait.
—Encore M. Rodolphe! dit Germain étonné.
—Oui, maintenant on peut tout vous dire, vous saurez cela; M. Murph me dit donc: «Germain est libre, voilà une lettre pour M. le directeur de la prison; quand vous arriverez, il aura reçu l'ordre de mettre Germain en liberté et vous pourrez l'emmener.» Je ne pouvais croire ce que j'entendais et pourtant c'était vrai. Vite, vite, je prends un fiacre... j'arrive... et il est en bas qui nous attend.
Nous renonçons à peindre le ravissement des deux amants lorsqu'ils sortirent de la Force, la soirée qu'ils passèrent dans la petite chambre de Rigolette, que Germain quitta à onze heures pour gagner un modeste logement garni.
Résumons en peu de mots les idées pratiques ou théoriques que nous avons tâché de mettre en relief dans cet épisode de la vie de prison.
Nous nous estimerions très-heureux d'avoir démontré: