—Soyez calme: si je le veux, on ne vous parlera qu'à quatre pattes. Mais j'y songe, vous savez écrire... mettez sur le papier ce que je viens de vous raconter, et envoyez l'histoire à M. Rodolphe; il saura qu'il n'a plus à être inquiet de vous, et que je suis ici pour le bon motif, car s'il apprenait autrement que le Chourineur a volé et qu'il ne connaisse pas le dessous des cartes... tonnerre!... ça ne m'irait pas...
—Soyez tranquille... ce soir même je vais écrire à mon protecteur inconnu; demain vous me donnerez son adresse et la lettre partira. Adieu encore, merci, mon brave!
—Adieu, monsieur Germain; je vas retourner auprès de ces tas de gueux... dont je suis prévôt... il faudra bien qu'ils marchent droit, ou sinon, gare dessous!...
—Quand je songe qu'à cause de moi vous allez vivre quelque temps encore avec ces misérables...
—Qu'est-ce que ça me fait? Maintenant il n'y a pas de risque qu'ils déteignent sur moi... M. Rodolphe m'a trop bien lessivé; je suis assuré contre l'incendie.
Et le Chourineur suivit le gardien.
Germain entra chez le directeur.
Quelle fut sa surprise!... Il y trouva Rigolette...
Rigolette pâle, émue, les yeux baignés de larmes, et pourtant souriant à travers ses pleurs... Sa physionomie exprimait un ressentiment de joie, de bonheur inexprimable.
—J'ai une bonne nouvelle à vous apprendre, monsieur, dit le directeur à Germain. La justice vient de déclarer qu'il n'y avait pas lieu à suivre contre vous. Par suite du désistement et surtout des explications de la partie civile, je reçois l'ordre de vous mettre immédiatement en liberté.