—Vous avez raison... Dieu sait ce que vous faites pour vos frères... Qu'importe le reste? Tout mon regret est de ne pouvoir apporter que mon zèle dans cette noble institution; il sera du moins aussi ardent que votre charité est intarissable. Mais qu'avez-vous? Vous pâlissez... Souffrez-vous?

—Un peu, monsieur l'abbé. Cette longue lecture, l'émotion que me causent vos bienveillantes paroles... le malaise que j'éprouve depuis quelques jours... Pardonnez ma faiblesse, dit Jacques Ferrand en s'asseyant péniblement; cela n'a rien de grave sans doute, mais je suis épuisé.

—Peut-être ferez-vous bien de vous mettre au lit? dit le prêtre avec un vif intérêt, de faire demander votre médecin...

—Je suis médecin, monsieur l'abbé, dit Polidori. L'état de Jacques Ferrand demande de grands soins, je les lui donnerai.

Le notaire tressaillit.

—Un peu de repos vous remettra, je l'espère, dit le curé. Je vous laisse; mais avant, je vais vous donner le reçu de cette somme.

Pendant que le prêtre écrivait le reçu, Jacques Ferrand et Polidori échangèrent un regard impossible à rendre.

—Allons, bon courage, bon espoir! dit le prêtre en remettant le reçu à Jacques Ferrand. D'ici à bien longtemps, Dieu ne permettra pas qu'un de ses meilleurs serviteurs quitte une vie si utilement, si religieusement employée. Demain je reviendrai vous voir. Adieu, monsieur... adieu, mon ami... mon digne et saint ami.

Le prêtre sortit.

Jacques Ferrand et Polidori restèrent seuls.