—Non, non, non!

—Parole d'honneur?

—Père Férot, vous allez me donner un coup de sang.

—Oh! quelle fille! Quelle fille! A-t-elle une mauvaise tête! Voyons, m'y voilà. D'abord il faut vous dire que Martial est de plus en plus en bisbille avec sa famille, et qu'ils lui feraient quelque mauvais coup, que cela ne m'étonnerait pas. C'est pour ça que je suis fâché de ne pas avoir mon bachot, car, si vous comptez sur ceux de l'île pour y aller, vous avez tort. Ce n'est pas Nicolas ou cette vilaine Calebasse qui vous y conduiraient.

—Je le sais bien. Mais que vous a dit la mère de mon homme? C'est donc à l'île qu'il est tombé malade?

—Ne m'embrouillez pas; voilà ce que c'est: ce matin je dis à la veuve: «Il y a deux jours que je n'ai vu Martial, son bachot est au pieu; il est donc en ville?» Là-dessus la veuve me regarde d'un air méchant: «Il est malade à l'île, et si malade qu'il n'en reviendra pas.» Je me dis à part moi: «Comment que ça se fait? Il y a trois jours que...» Eh bien! quoi! dit le père Férot en s'interrompant, eh bien! où allez-vous? Où diable court-elle à présent?

Croyant la vie de Martial menacée par les habitants de l'île, la Louve, éperdue de frayeur, transportée de rage, n'écoutant pas davantage le pêcheur, s'était encourue le long de la Seine.

Quelques détails topographiques sont indispensables à l'intelligence de la scène suivante.

L'île du Ravageur se rapprochait plus de la rive gauche de la rivière que de la rive droite, où Fleur-de-Marie et Mme Séraphin s'étaient embarquées.

La Louve se trouvait sur la rive gauche.