—Attendez donc. Me trouvant avec sa mère entre quatre-z-yeux, je n'ai pas osé éviter de lui parler; elle a l'air si mauvais que j'en ai toujours peur: c'est plus fort que moi. «Voilà deux jours que je n'ai vu votre Martial, que je lui dis; il est donc parti en ville?» Là-dessus elle me regarde avec des yeux... mais des yeux... qui m'auraient tué s'ils avaient été des pistolets, comme dit cet autre.
—Vous me faites bouillir. Après? Après?
Le père Férot garda un moment le silence, puis reprit:
—Tenez, vous êtes une bonne fille, promettez-moi le secret, et je vous dirai toute la chose, comme je la sais.
—Sur mon homme?
—Oui, car, voyez-vous, Martial est bon enfant quoique mauvaise tête; et s'il lui arrivait malheur par sa vieille scélérate de mère ou par son gueux de frère, ça serait dommage.
—Mais que se passe-t-il? Qu'est-ce que sa mère et son frère lui ont fait? Où est-il, hein? Parlez donc, mais parlez donc!
—Allons, bon, vous voilà encore après ma blouse. Lâchez-moi donc! Si vous m'interrompez toujours en me détruisant mes effets, je ne pourrai jamais finir et vous ne saurez rien.
—Oh! quelle patience! s'écria la Louve en frappant des pieds avec colère.
—Vous ne répéterez à personne ce que je vous raconte?