—Quelle maxime?
—Vous savez: «C'est assez que l'un veuille pour que l'autre ne veuille pas, ou que l'un ne veuille pas pour que l'autre veuille.» Alors je me dis à moi-même: «Il faut que je débarrasse mon roi des locataires de son Allemande, en la colloquant au maître de Louise; hardi! je vas faire une frime»; et voilà que je dis au notaire, sans lui donner le temps de respirer:
«Pardon, monsieur, si ma nièce vient habillée à la mode de son pays; mais elle arrive, elle n'a que ces vêtements-là, et je n'ai pas de quoi lui en faire faire d'autres, d'autant plus que ça ne sera pas la peine; car nous venons seulement pour vous remercier d'avoir dit à Mme Séraphin que vous consentiez à voir Cecily, d'après les bons renseignements que j'avais donnés sur elle; mais je ne crois pas qu'elle puisse convenir à monsieur.»
—Très-bien, madame Pipelet.
«—Pourquoi votre nièce ne me conviendrait-elle pas? dit le notaire, qui s'était remis au coin de son feu, et avait l'air de nous regarder par-dessus ses lunettes.
«—Parce que Cecily commence à avoir le mal du pays, monsieur. Il n'y a pas trois jours qu'elle est ici, et elle veut déjà s'en retourner, quand elle devrait mendier sur la route en vendant de petits balais comme ses payses.
«—Et vous qui êtes sa parente, me dit M. Ferrand, vous souffririez cela?
«—Dame, monsieur, je suis sa parente, c'est vrai; mais elle est orpheline, elle a vingt ans, et elle est maîtresse de ses actions.
«—Bah! bah! maîtresse de ses actions, à cet âge-là on doit obéir à ses parents», reprit-il brusquement.
«Là-dessus voilà Cecily qui se met à pleurnicher et à trembler en se serrant contre moi; c'était le notaire qui lui faisait peur, bien sûr...