Et Jacques Ferrand, épuisé par cette effroyable exaltation, retomba haletant sur son siège, et se tordit les bras en poussant des rugissements sourds et inarticulés.
Cet accès de rage convulsive et désespérée n'étonna pas Polidori.
Possédant une expérience médicale consommée, il reconnut facilement que chez Jacques Ferrand la rage de se voir dépossédé de sa fortune, jointe à sa passion ou plutôt à sa frénésie pour Cecily, avait allumé chez ce misérable une fièvre dévorante.
Ce n'était pas tout... dans l'accès auquel Jacques Ferrand était alors en proie, Polidori remarquait avec inquiétude certains pronostics d'une des plus effrayantes maladies qui aient jamais épouvanté l'humanité, et dont Paulus et Arétée, aussi grands observateurs que grands moralistes, ont si admirablement tracé le foudroyant tableau.
Tout à coup on frappa précipitamment à la porte du cabinet.
—Jacques, dit Polidori au notaire, Jacques, remets-toi... voici quelqu'un...
Le notaire ne l'entendit pas. À demi couché sur son bureau, il se tordait dans des spasmes convulsifs.
Polidori alla ouvrir la porte, il vit le maître-clerc de l'étude qui, pâle et la figure bouleversée, s'écria:
—Il faut que je parle à l'instant à M. Ferrand!
—Silence... il est dans ce moment très-souffrant... il ne peut vous entendre, dit Polidori à voix basse, et, sortant du cabinet du notaire, il en ferma la porte.