—On a su quels étaient vos parents. On connaît votre père. Rodolphe avait tant de larmes dans la voix en prononçant ces mots que Fleur-de-Marie, très-émue, se retourna vivement vers lui; heureusement qu'il put détourner la tête.
Un autre incident semi-burlesque vint encore distraire la Goualeuse et l'empêcher de trop remarquer l'émotion de son père: le digne squire, qui ne sortait pas de derrière son rideau et semblait attentivement regarder le jardin de l'hôtel, ne put s'empêcher de se moucher avec un bruit formidable, car il pleurait comme un enfant.
—Oui, ma chère Marie, se hâta de dire Clémence, on connaît votre père... il existe.
—Mon père! s'écria la Goualeuse avec une expression qui mit le courage de Rodolphe à une nouvelle épreuve.
—Et un jour... reprit Clémence, bientôt peut-être... vous le verrez. Ce qui vous étonnera sans doute, c'est qu'il est d'une très-haute condition... d'une grande naissance.
—Et ma mère, madame, la verrai-je?
—Votre père répondra à cette question, mon enfant... mais ne serez-vous pas bien heureuse de le voir?
—Oh! oui, madame, répondit Fleur-de-Marie en baissant les yeux.
—Combien vous l'aimerez, quand vous le connaîtrez! dit la marquise.
—De ce jour-là... une nouvelle vie commencera pour vous, n'est-ce pas, Marie? ajouta le prince.