—Monseigneur! s'écrièrent à la fois Murph et Clémence, effrayés de l'exaltation de Rodolphe et de la pâleur croissante de Fleur-de-Marie, qui regardait son père avec stupeur.

—Rougir de toi! continua-t-il, oh! si j'ai jamais été heureux et fier de mon rang souverain... c'est parce que, grâce à ce rang, je puis t'élever autant que tu as été abaissée... entends-tu, mon enfant chérie... ma fille adorée?... car c'est moi... c'est moi qui suis ton père!

Et le prince, ne pouvant vaincre plus longtemps son émotion, se jeta aux pieds de Fleur-de-Marie, qu'il couvrit de larmes et de caresses.

—Soyez béni, mon Dieu! s'écria Fleur-de-Marie en joignant les mains. Il m'était permis d'aimer mon bienfaiteur autant que je l'aimais... C'est mon père... je pourrai le chérir sans remords... Soyez... béni... non.

Elle ne put achever... la secousse était trop violente; Fleur-de-Marie s'évanouit entre les bras du prince.

Murph courut à la porte du salon de service, l'ouvrit et dit:

—Le docteur David... à l'instant... pour Son Altesse Royale... quelqu'un se trouve mal.

—Malédiction sur moi!... je l'ai tuée... s'écria Rodolphe, en sanglotant, agenouillé devant sa fille. Marie... mon enfant... écoute-moi... c'est ton père... Pardon... oh! pardon... de n'avoir pu retenir plus longtemps ce secret... Je l'ai tuée... mon Dieu! je l'ai tuée!

—Calmez-vous, monseigneur, dit Clémence; il n'y a sans doute aucun danger... Voyez... ses joues sont colorées... c'est le saisissement... seulement le saisissement.

—Mais à peine convalescente... elle en mourra... Malheur! oh! malheur sur moi!