Celle-ci, à demi couchée et vêtue aussi de la camisole de force, s'adosse au mur. Elle a la tête baissée sur sa poitrine, l'œil fixe, la respiration saccadée. Sauf un léger tremblement convulsif, qui de temps à autre agite sa mâchoire inférieure, ses traits paraissent assez calmes, malgré leur pâleur livide.
Dans l'intérieur et à l'extrémité du cachot, auprès de la porte, au-dessous du guichet ouvert, un vétéran décoré, à figure rude et basanée, au crâne chauve, aux longues moustaches grises, et assis sur une chaise. Il garde à vue les condamnées.
—Il fait un froid glacial ici!... et pourtant les yeux me brûlent... et puis j'ai soif... toujours soif... dit Calebasse au bout de quelques instants. Puis, s'adressant au vétéran, elle ajouta: De l'eau, s'il vous plaît, monsieur...
Le vieux soldat se leva, prit sur un escabeau un broc d'étain plein d'eau, en remplit un verre, s'approcha de Calebasse et la fit boire lentement, la camisole de force empêchant la condamnée de se servir de ses mains.
Après avoir bu avec avidité, elle dit:
—Merci, monsieur.
—Voulez-vous boire? demanda le soldat à la veuve.
Celle-ci répondit par un signe négatif.
Le vétéran alla se rasseoir.
Il se fit un nouveau silence.