—Oui, répondit la veuve sans tourner la tête.

—Entrez... monsieur... dit l'employé.

Martial entra.

Le vétéran resta dans le cachot, dont on laissa, pour plus de précaution, la porte ouverte. À travers la pénombre du corridor à demi éclairé par le jour naissant et par un réverbère, on voyait plusieurs soldats et gardiens, les uns assis sur un banc, les autres debout.

Martial était aussi livide que sa mère; ses traits exprimaient une angoisse, une horreur profonde; ses genoux tremblaient sous lui. Malgré les crimes de cette femme, malgré l'aversion qu'elle lui avait toujours témoignée, il s'était cru obligé d'obéir à sa dernière volonté.

Dès qu'il entra dans le cachot, la veuve jeta sur lui un regard perçant et lui dit d'une voix sourdement courroucée et comme pour éveiller dans l'âme de son fils une haine profonde:

—Tu vois... ce qu'on va faire... de ta mère... de ta sœur?

—Ah! ma mère... c'est affreux... mais je vous l'avais dit, hélas!... je vous l'avais dit!

La veuve serra ses lèvres blanches avec colère; son fils ne la comprenait pas; cependant elle reprit:

—On va nous tuer... comme on a tué ton père...