«Le docteur ne fait qu'apparaître au lit des anciens malades qui sont en voie de guérison ou convalescents; mais, parvenu à un des lits occupés par des malades nouveaux ou en danger, il ne saurait en approcher qu'après avoir traversé la double haie d'étudiants conservant là patiemment depuis le matin leur poste d'observateurs vigilants. Quant au malade, il reste muet et silencieux au milieu de cette foule curieuse et attentive, et souvent la maladie s'aggrave en proportion de cette affluence, indiquant le danger et motivant toujours l'inquiétude. Tandis que le patient envisage le médecin avec cette émotion qui participe de la confiance et de l'anxiété, celui-ci porte circulairement sur les assistants un regard de recueillement et de circonspections, qui s'illumine soudain en arrivant au malade, dont le trouble intérieur est ainsi comblé.»

[9] À moins de circonstances très-urgentes, on ne pratique jamais de graves opérations chirurgicales avant que le malade soit acclimaté.

[10] Nous rappellerons au lecteur que le père ou la mère sont admis à faire inscrire leur fille sur le livre de prostitution au bureau des mœurs.

[11] Personne n'est plus convaincu que nous du savoir et de l'humanité de la jeunesse studieuse et éclairée qui se voue à l'apprentissage de l'art de guérir; nous voudrions seulement que quelques-uns des maîtres qui l'enseignent nous donnassent de plus fréquents exemples de cette réserve compatissante, de cette douceur charitable qui peut avoir une si salutaire influence sur le moral des malades.

[12] Mme d'Harville, arrivée seulement de la veille, ignorait que Rodolphe avait découvert que la Goualeuse (qu'il croyait morte) était sa fille. Quelques jours auparavant, le prince, en écrivant à la marquise, lui avait appris les nouveaux crimes du notaire ainsi que les restitutions qu'il l'avait obligé à faire. C'est par les soins de M. Badinot que l'adresse de Mme de Fermont, passage de la Brasserie, avait été découverte, et Rodolphe en avait aussitôt fait part à Mme d'Harville.

[13] Dans sa visite à Saint-Lazare, Mme d'Harville avait entendue parler de la Louve par Mme Armand, la surveillante.

[14] Dans une des caves submergées de Bras-Rouge, aux Champs-Élysées.

[15] Nous ne saurions trop répéter qu'à la session dernière une pétition basée sur les sentiments et les vœux les plus honorables, tendant à demander la fondation de maisons d'invalides civils pour les ouvriers, a été écartée au milieu de l'hilarité générale de la Chambre. (V. le Moniteur.)

[16] Société de bienfaisance, fondée à Londres par un de nos compatriotes, M. le comte d'Orsay, qui continue à cette noble et digne œuvre son patronage aussi généreux qu'éclairé.

[17] Nous connaissons l'activité, le zèle de M. le préfet de la Seine et de M. le préfet de police, leur excellent vouloir pour les classes pauvres et ouvrières. Espérons que cette réclamation parviendra jusqu'à eux, et que leur initiative auprès du conseil municipal fera cesser un tel état de choses. La dépense serait minime et le bienfait serait grand. Il en serait de même pour les prêts gratuits faits par le Mont-de-Piété, lorsque la somme empruntée serait au-dessous de 3 ou 4 fr., je suppose. Ne devrait-on pas aussi, répétons-le, abaisser le taux exorbitant de l'intérêt? Comment la ville de Paris, si puissamment riche, ne fait-elle pas jouir les classes pauvres des avantages que leur offrent, ainsi que je l'ai dit, beaucoup de villes du nord et du midi de la France, en prêtant soit gratuitement, soit à 3 ou 4 pour cent d'intérêt? (Voir l'excellent ouvrage de M. Blaise, sur la Statistique et l'Organisation de Mont-de-Piété, ouvrage rempli de faits curieux, d'appréciations sincères, éloquentes et élevées.)