—Une place de garde-chasse pour mon homme, avec une cabane pour nous au milieu des bois, dit la Louve en soupirant. Tout ça c'est des féeries... c'est trop beau, cela ne peut pas arriver.
Un bruit de pas précipités se fit entendre, derrière la charmille; François et Amandine qui, grâce aux bontés du comte de Saint-Remy, n'avaient pas quitté la Louve, arrivèrent essoufflés en criant:
—La Louve, voici une belle dame avec M. de Saint-Remy; ils demandent à voir tout de suite Fleur-de-Marie.
—Je ne m'étais pas trompée! dit la Goualeuse.
Presque au même instant parut M. de Saint-Remy, accompagné de Mme d'Harville. À peine celle-ci eut-elle aperçu Fleur-de-Marie qu'elle s'écria en courant à elle et en la serrant tendrement entre ses bras:
—Pauvre chère enfant... vous voilà... Ah!... sauvée!... sauvée miraculeusement d'une horrible mort... Avec quel bonheur je vous retrouve... moi qui, ainsi que vos amis, vous avais crue perdue... vous avais tant regrettée!
—Je suis aussi bien heureuse de vous revoir, madame; car je n'ai jamais oublié vos bontés pour moi, dit Fleur-de-Marie en répondant aux tendresses de Mme d'Harville avec une grâce et une modestie charmantes.
—Ah! vous ne savez pas quelle sera la surprise, la folle joie de vos amis qui à cette heure vous pleurent si amèrement...
Fleur-de-Marie, prenant par la main la Louve, qui s'était retirée à l'écart, dit à Mme d'Harville en la lui présentant:
—Puisque mon salut est si cher à mes bienfaiteurs, permettez-moi de vous demander leurs bontés pour ma compagne, qui m'a sauvée au risque de sa vie...