Les Trois Moines rouges.

«Je frémis de tous mes membres en voyant les douleurs qui frappent la terre.

«En songeant à l'événement qui vient encore d'arriver dans la ville de Kemper il y a un an[6]. Katelik cheminait en disant son chapelet, quand trois moines rouges (templiers), armés de toutes pièces, la joignirent.

[6] M. de Villemerqué fait remonter ce récit, encore très-populaire de nos jours en Bretagne, au onzième ou douzième siècle; ainsi depuis huit ou neuf cents ans il se transmet de génération en génération.

«Trois moines sur leurs grands chevaux bardés de fer de la tête aux pieds.

«—Venez avec nous au couvent, belle jeune fille; là ni l'or ni l'argent ne vous manqueront.

«—Sauf votre grâce, messeigneurs, ce n'est pas moi qui irai avec vous, dit Katelik; j'ai peur de vos épées qui pendent à votre côté. Non, je n'irai pas, messeigneurs: on entend dire de vilaines choses.

«—Venez avec nous au couvent, jeune fille, nous vous mettrons à l'aise.

«—Non, je n'irai point au couvent. Sept jeunes filles de la campagne y sont allées, dit-on; sept belles jeunes filles à fiancer, et elles n'en sont point sorties.

«—S'il y est entré sept jeunes filles, s'écria Gonthramm de Plouernel, un des moines rouges, vous serez la huitième.