«Et de la jeter à cheval et de s'enfuir rapidement vers leur couvent avec la jeune fille en travers à cheval, un bandeau sur la bouche.»
—Ah! la pauvre chère enfant! s'écria Jeanike en joignant les mains. Et que va-t-elle devenir dans ce couvent des moines rouges?
—Vous allez le voir, ma fille, dit en soupirant Gildas. Et il continua son récit.
«Au bout de sept ou huit mois, ou quelque chose de plus, les moines rouges furent bien étonnés dans cette abbaye:
«—Que ferons-nous, mes frères, de cette fille-ci, maintenant? se disaient-ils.
«—Enterrons-la ce soir sous le maître autel, où personne de sa famille ne viendra la chercher.»
—Ah! mon Dieu, reprit Jeanike, ils l'avaient mise à mal, les bandits de moines, et ils voulaient s'en débarrasser en la tuant.
—Je vous le répète, ma fille, ces gens à casque et à sabre n'en font jamais d'autre, dit Gildas d'un ton dogmatique; et il continua.
«Vers la chute du jour, voilà que tout le ciel se fend: de la pluie, du vent, de la grêle, le tonnerre le plus épouvantable. Un pauvre chevalier, les habits trempés par la pluie, et qui cherchait un asile, arriva devant l'église de l'abbaye. Il regarde par le trou de la serrure: il voit briller une petite lumière, et les moines rouges, qui creusaient sous le maître autel, et la jeune fille sur le côté, ses petits pieds nus attachés; elle se désolait et demandait grâce.
«—Messeigneurs, au nom de Dieu, laissez-moi la vie, disait-elle. J'errerai la nuit, je me cacherai le jour.