—Ils sont plus longs,—répondit le voyageur;—mais ils sont peints de couleurs tranchantes, disposées en carreaux, ordinairement rouges et blancs.
—Et les mariages, comment se font-ils?—demanda une jeune fille.
—Et leurs troupeaux, sont-ils aussi beaux que les nôtres?—dit un vieillard.
—Et ont-ils comme nous de vaillants coqs de combat[84]?—demanda un enfant.
[84] Les coqs de combat gaulois, dont l'image surmontait leur enseigne de guerre, étaient très-recherchés.—«... Pour récompenser l'enfant de sa docilité, je lui donnerai deux coqs gaulois des plus acharnés au combats.» (Pétronne, Satyricon, ch. lxxxvi.)
De sorte que Joel, voyant l'étranger si fort accablé de questions, dit aux questionneurs:
—Assez, assez, vous autres... laissez donc souffler notre ami; vous êtes à crier autour de lui comme une volée de mouettes.
—Et payent-ils comme nous l'argent qu'ils doivent aux morts?—demanda Rabouzigued, malgré la recommandation de Joel de ne plus questionner l'étranger.
—Oui; leur coutume est la nôtre,—répondit l'inconnu,—et ils ne sont pas idolâtres comme un homme de l'Asie, que j'ai rencontré à Marseille, qui prétendait, selon sa religion, que nous continuons de vivre après notre mort, non plus revêtus de formes humaines, mais de formes d'animaux.
—Hèr!... hèr!...—cria Rabouzigued en grande inquiétude.—S'il en était ainsi que disent ces idolâtres, Daoülas, tué la lune passée par un meurtrier, habite peut-être le corps d'un poisson?... et je lui ai envoyé trois pièces d'argent par Armel, qui habite peut-être à cette heure le corps d'un oiseau?... Comment un oiseau pourra-t-il remettre des pièces d'argent à un poisson?... Hèr!... Hèr!...