--Je saurai te faire parler!
--Essaie!
Néroweg dit quelques mots à l'un des autres rois. Celui-ci alla prendre sous la cuve d'airain deux tisons enflammés; l'on me saisit par les épaules et par les pieds, afin de m'empêcher de faire un mouvement, tandis que le Frank, plaçant et maintenant les tisons sur le fer de ma cuirasse, y établissait ainsi une sorte de brasier, aux grands éclats de rire de Néroweg, qui me dit:
--Tu parleras! ou tu seras grillé comme la tortue dans son écaille.
Le fer de ma cuirasse commençait à s'échauffer sous ce brasier, que deux des rois franks attisaient de leur souffle. Je souffrais beaucoup, et je m'écriai:
--Ah! Néroweg.. Néroweg!... lâche bourreau! j'endurerais ces tortures avec joie pour me trouver une fois encore face à face avec toi, une bonne épée à la main, et te marquer à l'autre joue!... Oh! tu l'as dit... entre nos deux races... haine à mort!...
--Quel est le message de Victoria?--reprit l'Aigle terrible.--Réponds...
Je restai muet, quoique la douleur devînt pour moi fort grande... le fer de ma cuirasse s'échauffant de plus en plus et dans toutes ses parties:
--Parleras-tu?--s'écria de nouveau le chef frank, qui parut étonné de ma constance.
--Je te l'ai dit: Le messager de Victoria parle debout et libre!--ai-je répondu,--sinon, non!...