--Rien de plus naturel que notre tranquillité,--reprit Victorin;--j'ai calculé le temps nécessaire aux Franks pour achever de traverser le Rhin, de débarquer leurs troupes, de former leurs colonnes, et d'arriver à un passage qu'ils doivent forcément traverser... Hâter mes mouvements serait une faute, ma lenteur me sert.
Puis, s'adressant à moi, Victorin me dit:
--Scanvoch, va t'armer; j'aurai des ordres à te donner après avoir conféré avec ma mère.
--Tu me rejoindras avant que d'aller retrouver mon fils sur le champ d'exercice,--me dit à son tour Victoria;--j'ai aussi, moi, quelques recommandations à te faire.
--J'oubliais de te dire une chose importante peut-être en ce moment,--ai-je repris.--La soeur d'un des rois franks, craignant d'être mise à mort par son frère, est venue hier du camp des barbares avec moi.
--Cette femme pourra servir d'otage,--dit Tétrik,--il faut la garder étroitement comme prisonnière.
--Non,--ai-je répondu au gouverneur,--j'ai promis à cette femme qu'elle serait libre ici, et je l'ai assurée de la protection de Victoria.
--Je tiendrai ta promesse,--reprit ma soeur de lait.--Où est cette femme?
--Dans ma maison.
--Fais-la conduire ici après le départ des troupes, je la verrai.