[Note 9: ][ (retour) ] Évangile selon saint Jean, ch. XVIII, v. 23.
Ces paroles, cette mansuétude angélique ne désarmèrent pas les persécuteurs du jeune maître; des rires grossiers éclatèrent de nouveau dans la salle, et les insultes recommencèrent ainsi de toutes parts.
--Oh! le Nazaréen, l'homme de paix, l'ennemi de la guerre ne se dément pas, il est lâche et se laisse frapper au visage!
--Appelle donc à toi tes disciples. Qu'ils viennent te venger si tu n'en as pas le courage!
--Ses disciples!--reprit un des miliciens qui avaient arrêté Jésus,--ses disciples! ah! si vous les aviez vus! À l'aspect de nos lances et de nos flambeaux ils se sont sauvés, les misérables, comme une nichée de hiboux!
--Ils étaient très-contents d'échapper à la tyrannie du Nazaréen, qui les retenait auprès de lui par magie!
--La preuve qu'ils le haïssent et le méprisent, c'est que pas un d'eux, pas un seul n'a osé l'accompagner ici.
--Oh!--pensait Geneviève,--combien Jésus doit souffrir de cette lâche ingratitude de ses amis! elle doit lui être plus cruelle que les outrages dont il est l'objet.
Et tournant la tête du côté de la porte de la rue, elle vit au loin Pierre, toujours assis sur un banc, la figure cachée entre ses mains et n'ayant pas même le courage de venir assister et défendre son doux maître devant ce tribunal de sang.
Le tumulte soulevé par la violence de l'huissier étant un peu apaisé, l'un des émissaires reprit d'une voix éclatante: