--Vous arrivez à propos, Scanvoch, pour m'aider à convaincre Ellèn que sa faiblesse est sans excuse... voyez ses larmes...

--Qu'as-tu, mon Ellèn?--lui dis-je avec inquiétude,--d'où vient ton chagrin?

Elle baissa la tête, ne me répondit pas, et continua de pleurer.

--Elle n'ose vous avouer la cause de son chagrin, Scanvoch; mais savez-vous pourquoi ma soeur se désole ainsi? c'est parce que vous partez...

--Quoi?--dis-je à Ellèn d'un ton de tendre reproche,--toi toujours si courageuse quand je partais pour la bataille, te voici craintive, éplorée, alors que je m'éloigne pour un voyage de quelques jours au plus, entrepris au milieu de la Gaule, en pleine paix!... Ellèn... tes inquiétudes n'ont pas de motif.

--Voilà ce que je ne cesse de répéter à ma soeur,--reprit Sampso.--Votre voyage ne vous expose à aucun danger, et si vous partez cette nuit, c'est que votre mission est urgente.

--Sans doute, et n'est-ce pas d'ailleurs un véritable plaisir que de voyager, ainsi que je vais le faire, par une douce nuit d'été au milieu de notre beau pays, si tranquille aujourd'hui?

--Je sais tout cela,--reprit Ellèn d'une voix altérée,--ma faiblesse est insensée; mais, malgré moi, ce voyage m'épouvante...

Puis, tendant vers moi ses mains suppliantes:

--Scanvoch, mon époux bien-aimé! ne pars pas, je t'en conjure,