Les quatre soldats avaient ramé en silence pendant quelque temps, lorsque le plus âgé des quatre, vétéran à moustaches grises, me dit:

--Il n'y a rien de tel qu'un bardit gaulois pour faire passer le temps et manoeuvrer les rames en cadence; on dirait qu'un vieux refrain national répété en choeur rend les avirons moins pesants. Peut-on chanter, ami Scanvoch?

--Tu me connais?

--Qui ne connaît dans l'armée le frère de lait de la mère des camps?

--Simple cavalier, je me croyais plus obscur.

--Tu es resté simple cavalier malgré l'amitié de notre Victoria pour toi; voilà pourquoi, Scanvoch, chacun te connaît et chacun t'aime.

--Vrai, tu me rends heureux en me disant cela. Comment te nommes-tu?

--Douarnek.

--Tu es Breton?

--Des environs de Vannes.